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Interview d’Alexis Trichet Directeur Anticipation et Connaissance Client Orange

Quels sont les points-clés de cette nouvelle édition du concours Jeunes Designers organisé par Orange?

C’est la troisième édition du concours, une démarche entamée en 2009 à travers laquelle nous souhaitions soutenir les écoles de design et les jeunes créateurs, et faire en sorte qu’ils nous apportent de nouvelles idées sur des sujets qu’on considère comme étant importants. Cette année, nous avons vraiment voulu ouvrir le concours à l’international, davantage qu’avant, avec la participation d’une école du Cap en Afrique du Sud. Notons également la présence de Margaret Stewart, la directrice du design produit de Facebook. Nous sommes vraiment très contents de la voir présider le jury. Concernant le thème, l’espace numérique de demain, nous nous sommes positionnés par rapport à nos préoccupations, mais aussi par rapport à ce que vivent les étudiants qui sont complètement plongés là-dedans.

Quelles sont les grandes étapes du concours?

Le concours a démarré en octobre, les travaux s’étalant suivant les écoles entre maintenant et le mois de février. En mars aura lieu la tenue du jury, puis la publication des résultats et toute la communication autour des éléments clés que nous aurons retenu du concours.

Pourquoi avoir choisi ce thème – l’espace numérique de demain – et comment l’avez-vous défini ?

Les équipes design et les équipes marketing d’Orange sont parties d’une liste d’une dizaine de thèmes qui correspondaient à des questions que nous essayons nous-mêmes de traiter. Nous en sommes rapidement arrivés à l’espace numérique étant donné que nous avons lancé notre propre service de cloud. Le produit existe – nous avons mis à disposition suivant le type d’abonnement 50 ou 100 giga d’espace de stockage – mais à travers ce concours, nous souhaitions recueillir des idées pour qu’il s’enrichisse, que son utilisation devienne plus intuitive, qu’on soit capable de proposer davantage, d’y mettre plus que ce qu’on y met aujourd’hui.

Si on regarde les conclusions tirées de l’édition précédente, sur la maison connectée, on se rend compte qu’il y a une réelle volonté de la part des étudiants de rendre ce type de services plus tangibles…

C’est le gros intérêt de ces concours. Ce sont des designers et ils ont cette capacité à faire vivre des expériences de manière extrêmement concrète. Quand on se positionne sur un sujet aussi vaste et difficile à saisir que l’espace numérique, c’est intéressant d’obtenir une soixantaine de projets dont on peut dégager des directions. C’est beaucoup plus nourrissant que d’avoir un travail qui serait uniquement basé sur des études client ou des recherches en interne. On passe d’un sujet difficile à appréhender à une réalité, à des choses tangibles à regarder. Et ça, ça a beaucoup de valeur pour nous. Ça permet aux gens qui travaillent dessus d’ouvrir leur horizon de reflexion de manière extrêmement concrète. On fait toujours en sorte de trouver des sujets proches des questions qu’on se pose et des défis que nos équipes doivent relever.

Concrètement, comment ces étudiants enrichissent-ils la vision d’Orange sur l’espace numérique ?

On ne leur demande pas de réaliser quelque chose qui puisse être commercialisable, mais plutôt de nous fournir un cahier d’idées. Si je fais le parallèle avec l’automobile, c’est comme s’ils imaginaient tous des concept cars. Nous pourrons nous dire : « Tiens, l’idée qu’il y a derrière ce rétroviseur est très intéressante. Creusons le sujet et voyons si nous n’avons pas intérêt à le mettre sur nos propres voitures. » Les étudiants nous ouvrent les yeux sur un monde des possibles qu’on ne peut générer en interne qu’en employant ce genre de méthodes. Résultat : on aura 50, 60, 70 concept cars dans lesquels il y aura certainement des choses à récupérer. Non pas tels quels dans un produit, mais à incorporer dans nos propres réflexions sur les prochaines évolutions de ce produit.

Qu’entend-on par “Espace numérique de demain”?

C’est un peu le but du concours que de mieux le définir. Le point de départ c’est qu’on a des services de cloud. Mais aujourd’hui ces services, si je caricature un peu, sont une métaphore de la clé usb et du disque dur, sans être beaucoup plus. Ce qu’on cherche en ayant pris un sujet aussi large, c’est de permettre aux étudiants de comprendre que oui, certes, le cloud c’est ça, mais ça pourrait être bien plus. Que sont-ils alors capables d’imaginer? Selon eux, qu’est ce que le cloud est censé faire de plus, quels services pourra-t-il nous rendre demain? C’est vraiment ce qu’on attend de cette édition. Le concours Jeunes Designers, c’est un outil extrêmement puissant pour explorer des sujets dont l’histoire vient de démarrer.

Comment les projets seront-ils valorisés? L’année dernière avait eu lieu une très belle exposition…

Il y aura une exposition cette année aussi, c’est une réelle volonté, parce qu’on trouve que c’est satisfaisant pour tout le monde. C’est une fierté pour les étudiants de participer à un concours dont ils savent qu’il débouche sur une expo. Nous, Orange, ça nous oblige à travailler la scénographie et donc à réfléchir rapidement à ce que nous retirons des idées qui nous ont été soumises. Faire une exposition, c’est exigeant, ça oblige à tirer la substantifique moelle du concours et ça ajoute un niveau de difficulté positif aux étudiants – créer un prototype – qui se confrontent alors à un concours très complet. Les projets seront également valorisés à travers des plateformes comme Le collectif et tout ce qu’on essaie de faire sur les réseaux sociaux pour expliquer la démarche dans laquelle on se place.

Quel conseil donneriez-vous aux étudiants ?

Comme le sujet est très vaste, mon conseil serait de partir d’un besoin client le plus précis possible pour dérouler un fil, une histoire du projet qu’on imagine. C’est ce qu’on partagera avec eux au moment des kick-offs dans les différentes écoles. On leur donnera un certain nombre d’éléments factuels qui sont le retour des clients sur ce genre de services aujourd’hui. Mon conseil, c’est vraiment ça : que le client soit leur guide.